I. I. I. I.
International Institute for Important Items
Louise Hervé & Chloé Maillet


 
The Dragon’s cave, bound typed manuscript, shelf, 2010 / La Caverne du dragon, tapuscrit relié, étagère, 2010 (Crédit photo A. Mole)

The Dragon’s Cave or the Burying
Typed manuscript, 2010

 
Excerpt from The Dragon’s Cave:
«Who were the ancient dwellers of the Stirian caves? This is the question that haunted me when I was a boy, as I roamed the steep hills that slope up the valley of the River Mur.
As I grew up, I never ceased to wonder. During my studies at Pernegg-an-der-Mur high school, I felt strongly attracted to geology and history. An old teacher whom I admired much, Mr W. F. N., gave us once a lecture on prehistory. “Bronze objects are to be found underneath the earth”, quoth he. I’ll never forget these words.
Many years later, I became an archaeologist. I came back to the very place where I grew up, and that is where I made my first find, on the hills that slope up the river Mur. This discovery was to be of great importance for stirian archaeology: I found the bronze hoard of Mixnitz that had crossed the ages buried under the soil of the dragon’s cave.»

***
«We had read so far, when a man in a tweed costume, carrying a plastic crate under his arm, walked up to us and started apologising for his lateness. We followed him in his office nearby, a dark room full of clicking noises. By the light of the sudden flashes, we finally made out the outline of a man. He was bending, his face in the shadow, arranging minute debris on a piece of light grey velvet and photographing them.
Once at the back of the storage facilities our guide heeded us no more and started moving crates on the shelves. He opened one of the boxes and we noticed it was full of hundreds of small silk paper envelopes with numbers on them. He didn’t seem to find what he was looking for, he discarded them haphazardly, his brow knitted, beads of sweat running down his face as the amount of crumpled envelopes grew on the table. After searching in vain for several minutes, he seemed to remember we were there. He took two boxes randomly in a pile and handed them to us, gesturing to us we should open them.»

La Caverne du dragon ou l’enfouissement
Tapuscrit relié, 2010

 
Extraits de La caverne du dragon:
«Qui étaient les anciens habitants des grottes styriennes ? Telle était la question qui me hantait, enfant, tandis que je parcourais les collines escarpées de la vallée de la Mur.
Devenu adolescent, je ne cessais de m’interroger. Au lycée de Pernegg-an-der-Mur, je me sentis irrésistiblement attiré par la géologie et par l’histoire. Un vieux professeur que j’admirais beaucoup, Monsieur F. T. N., nous fit un jour un cours sur la préhistoire, et il prononça une phrase que je n’ai jamais oubliée : « on trouve les objets en bronze sous la terre ».
Des années plus tard, mon métier d’archéologue me ramena sur les lieux même de mon enfance, et c’est là, sur les hauteurs qui dominent la Mur, que je fis cette première découverte, si importante pour l’archéologie styrienne, celle des bronzes du trésor de Mixnitz, qui avaient traversé les siècles enfouis sous le sol de la Caverne du Dragon.»

***
«Nous en étions là de notre lecture lorsqu’un homme vêtu d’un costume de tweed vert, portant une caissette sous le bras, entra dans le bureau et s’approcha de nous en se confondant en excuses pour son retard. Nous le suivîmes dans le bureau attenant, une pièce sombre où résonnait une sorte de cliquetis. Nous finîmes par distinguer, à la lumière de flashes intermittents, un homme courbé, le visage dans la pénombre, disposant de minuscules débris sur un pan de velours gris pâle et les photographiant. Arrivé tout au fond des réserves, notre guide commença, sans plus nous prêter la moindre attention, à déplacer des caisses posées sur les rayonnages. Il en ouvrit une et nous nous aperçûmes alors qu’elle contenait des centaines de petites enveloppes de papier de soie numérotées. Ne semblant pas trouver ce qu’il cherchait, il reposait tout en vrac, les sourcils froncés, la sueur perlant sur son front au fur et à mesure que les pochettes froissées s’accumulaient. Après avoir fouillé en vain pendant plusieurs minutes, il sembla se souvenir de notre présence. Il prit deux boites au hasard sur une pile et nous les tendit en nous invitant par des mimiques à les ouvrir.»